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Les petits bonheurs de la gémellité

Les petits bonheurs de la gémellité

5 oct.
4 min de lecture

Qu’est-ce qu’il y a de bien à avoir des jumeaux ?


La question paraît toute simple.


Et pourtant, lors d’un récent Café Parents consacré à la parentalité gémellaire, elle m’a arrêtée quelques secondes.


Nous avions beaucoup parlé de ce qui peut être difficile : la fatigue, l’organisation, le manque de temps, les besoins simultanés, le regard des autres, les questions autour de la séparation ou encore cette impression, parfois, de devoir être disponible pour deux enfants au même moment.


Puis une future maman a posé cette question.


Qu’est-ce qu’il y a de bien à avoir des jumeaux ?


Bien sûr, il y aurait une réponse évidente : aimer ses enfants, être heureux de les avoir.


Mais ce n’était pas vraiment cela qu’elle demandait.


Elle cherchait aussi à savoir ce qui pouvait être beau, drôle, tendre, surprenant dans cette aventure qui l’attendait.


Et cette question mérite qu’on s’y arrête.



🌸 LES PETITS BONHEURS NE SONT PAS FORCÉMENT DE GRANDS MOMENTS


Quand on pense aux souvenirs heureux avec ses enfants, on imagine facilement les anniversaires, les premières fois, les vacances ou les grandes étapes.


Mais avec des multiples, certains souvenirs se nichent dans des scènes beaucoup plus ordinaires.


Deux bébés installés dans leurs chaises hautes et l’un qui décide de tendre sa cuillère vers la bouche de l’autre.


Une tétine qui disparaît… pour réapparaître dans la bouche du bébé installé dans le transat voisin.


Un fou rire qui commence entre eux et dont les adultes ne comprendront probablement jamais la raison.


Une petite attention.


Une imitation.


Une bêtise à deux.


Un regard échangé qui semble suffire pour se comprendre.


Ce sont parfois quelques secondes seulement.


Et pourtant, ces petites scènes racontent quelque chose de très particulier : deux enfants qui découvrent le monde côte à côte et construisent, en même temps que leur propre histoire, une relation entre eux.



🌿 UNE RELATION QUI SE CONSTRUIT SOUS NOS YEUX


Avoir des multiples ne signifie évidemment pas qu’ils seront toujours complices.


Ils peuvent rire ensemble… puis se disputer quelques minutes plus tard.


Ils peuvent se rechercher et avoir besoin d’être seuls.


Partager énormément et défendre farouchement ce qui leur appartient.


Être très proches à certains moments et davantage tournés vers d’autres personnes à d’autres périodes de leur vie.


Le lien gémellaire n’est pas une complicité permanente.


C’est une relation vivante.


Elle se construit, se transforme, traverse des rapprochements, des oppositions, des découvertes et des ajustements.


Et pour les parents, il peut y avoir quelque chose de particulièrement émouvant à être témoins de cette relation qui se développe sous leurs yeux.



😄 ET PARFOIS… C’EST SIMPLEMENT TRÈS DRÔLE


Il y a aussi toutes ces situations que la présence de deux enfants du même âge rend franchement cocasses.


Deux enfants qui décident qu’ils ont besoin du pot exactement au même moment.


Deux petites voix qui répondent ensemble.


Une bêtise dont il devient soudain très difficile d’identifier l’auteur.


L’un qui lance une idée et l’autre qui comprend immédiatement qu’il faut participer.


Des stratégies à deux auxquelles les parents n’avaient absolument pas pensé.


Sur le moment, certaines de ces situations peuvent demander une sacrée dose d’énergie.


Mais elles deviennent aussi parfois ces anecdotes familiales que l’on raconte encore des années plus tard en souriant.



🫧 FAIRE UNE PLACE AU POSITIF SANS IDÉALISER


Parler des petits bonheurs de la gémellité ne signifie pas raconter que tout est merveilleux.


La parentalité de multiples peut être intense.


Elle peut être épuisante.


Certains passages peuvent être particulièrement éprouvants et nécessiter du soutien.


Et il n’est pas nécessaire d’effacer cette réalité pour parler aussi de ce qui fait du bien.


Les deux peuvent exister ensemble.


On peut aimer profondément ses enfants et avoir besoin de souffler.


Être attendri par leur complicité et ne plus supporter leurs disputes cinq minutes plus tard.


Rire d’une situation et avoir trouvé exactement la même situation épuisante la veille.


C’est aussi cela, l’ambivalence de la vie parentale.


Il n’y a pas à choisir entre raconter les difficultés et célébrer les bons moments.



💛 GARDER AUSSI LA TRACE DE CE QUI FAIT DU BIEN


Lorsque le quotidien est dense, notre attention peut naturellement être happée par ce qu’il reste à faire, ce qui déborde ou ce qui pose problème.


Alors peut-être pouvons-nous parfois nous arrêter quelques secondes.


Observer.


Sans chercher un moment extraordinaire.


Simplement repérer cette petite scène qui vient de se produire.


Un geste.


Un regard.


Un éclat de rire.


Une complicité inattendue.


Une situation complètement cocasse.


Ces instants ne font pas disparaître la fatigue.


Mais ils font eux aussi partie de l’histoire familiale.



❓ ET CHEZ VOUS ?


Quel petit moment vous fait aimer être parent de multiples ?


Une complicité ?

Un fou rire ?

Une petite attention ?

Une bêtise à deux ?

Une scène du quotidien qui vous fait encore sourire plusieurs années après ?


Vous pouvez partager votre anecdote en commentaire.


Parce qu’au-delà des difficultés dont il est important de pouvoir parler, les expériences des familles peuvent aussi raconter cela :


les petits bonheurs, parfois minuscules, parfois complètement inattendus, qui se tissent au fil de la vie avec des multiples.



Anaïs ARNEODO

Psychologue spécialiste de la gémellité

FormiDouble – Parenthèse Gémellaire

 
 
 

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